Le mariage d'autrefois...

Atour de « siniya du thé », la discussion entre deux générations différentes devient très douce ,jusqu'à pénétrer dans les archives abandonnés depuis des lustres, et enlever la poussière sur des lignes gravés dans la mémoire de Lala Hniya -82 ans- mais ses petits enfants disent , qu’elle avait plus que cet age.C’est normal, les jeunes d’aujourd’hui connaissent tout, sauf les devoirs qu ‘ils ont à faire pour l’école J
Lala Hniya , ou Mi Hniya comme l’appelait tout le monde , était à son aise cette nuit d’hivers, après avoir bu deux verres de thé à l’absinthe, elle s’est mise à rire, et à raconter ses souvenirs sur le mariage .
Une image d’autrefois étrange, mais intéressante, que les jeunes filles et garçons d’aujourd’hui ne connaissent pas, ou refusent, Devant un étonnement des grands parents, qui ne cessent de répéter la fameuse phrase « tahaja mabka aliha serr..» rien n’a plus de charme de nos jours !
A l’époque ou Mi Hniya était jeune, il lui était interdit d’adresser la parole à des étrangers ,de dévoiler ses cheveux ,ou de mettre une jupe sans un pantalon et des chaussettes en dessous.
Il ne faut jamais parler à haute voix avec le chef de la famille ..les sorties qui étaient rares nécessitaient de couvrir tout le corps ,avec" un haïk", et le visage avec un " Nggab "…
Et le mariage ?…interdiction totale de toute relation avant l’union légitime ,même pas une amitié , nous aïeux n’avaient pas de définition dans leurs dictionnaires pour l’amitié entre un homme et une femme, une amitié, un amour, un travail en commun, sans mariage c’est"l3ar ", la honte pour toute la famille, alors comment faisaient nos arrières grands-parents pour fonder une famille ?
Eh bien, ça se passait exactement comme pour Mi Hniya , c’est son père qui lui avait choisi un mari, qu’elle n’avait d’ailleurs jamais vu, jusqu’à la nuit de ses noces .Mi Hniya parlait avec une certaine ironie de sa peur ce jour là, une peur que les associations féministes appellent de nos jours « frustration de la femme».
Mi Hniya se souvenait, de cette nuit, elle ressemblait d’après elle, à "une poupée", avec des tresses aux cheveux ,du khôl au yeux , « Lhargoss » au sourcils, " Swak " dans la bouche ,et " Laàkar Fassi "aux Joux , enveloppée dans un haïk blanc, on l’a mise soigneusement dans un coin de la chambre, le rythme de son cœur désobéissait au rythme des tambourinements et du chant provenant de l’extérieur ;
Ses oreilles n’écoutaient rien, pour bien repérer le claquement de l’ouverture de la porte, par ou entrera le futur mari ,dont elle ignore tout , même les traits du visage. Imaginez, combien d’idée peut traverser une tête durant ces moments d’attente, surtout pour une jeune fille sans expériences comme était Mi Hniya …mais malgré tout cela, dieu fait à ce que, tout se passe bien, et même plus , car l’amour a régné sur sa vie ,et cet inconnu est devenu son inséparable moitié…
Mi Hniya racontait cela en souriant, ses petits enfants l’écoutaient aussi en souriant, mais
est-ce bien le même sourire… ?
Comment les jeunes d’aujourd’hui voient -ils ce genre de mariage ? Peuvent-ils l’accepter, pour savourer " le charme "et "Lbarraka ", dont Mi Hniya parlait... ?!
Peut être, si en revanche Mi Hniya accepte un mariage à la manière de nos jours …à vous d’en juger !